Une maison hantée

Deux mille quatre cent treize DVD en prêt ! Pour une année. Comment aurais-je pu résister à un appartement qui offre un tel bonus ? Non Luigi, pas six personnages en quête d’auteur, mais des milliers, à la recherche d’une spectatrice. Toute la Condition Humaine bien rangée le long du couloir et qui attend qu’on lui prête vie ! Il FALLAIT que je loue cet appartement, que j’habite avec tous ces gens, que je les invite à partager mon aventure madrilène, qu’ils prennent place sur ma belle terrasse au plein centre de la ville et jouissent avec moi des couchers de soleil kitch à souhait.  Je le concède, les années ont fait de certains des pantins ridicules, mais les meilleurs subissent sans dommage les attaques du temps et restent des interlocuteurs de première qualité.

Je passe la main sur le dos des boîtiers, j’hésite : retrouver de vieilles connaissances ou en faire de nouvelles ? Quoi choisir pour me distraire de mon quotidien incertain, du temps qui court implacablement, des Espagnols préoccupés par la crise qui bondissent de côté quand on les frôle à la sortie du métro ? ¡Al ladrón! D’un petit geste je glisse le disque élu dans le tiroir du lecteur et voici que Jules, Jim et Catherine revivent dans mon salon leurs belles amours libres et tragiques. Et mes amours…?

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